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La cité royale

Au début des années 1960, Pierre Vérin, archéologue, organise les premières fouilles à Rurutu. A la demande deToromona a Teuruarii, Chef de l’île, seule la cité de ses ancêtres devra être fouillée. Heureusement, archéologue curieux, Pierre Vérin fera l’inventaire, dans sa thèse, des divers sites de l’île, une véritable mine d’informations. Vérin parrainera ensuite un jeune archéologue qui organisera des fouilles sur le marae « Uramoa » de Peva.

 

Le village archéologique

Plus de 110 emplacements divers seront mis à jour lors des fouilles, mais avant l’arrivée des européens, Vérin estime qu’avec plus de 300 sites, le village archéologique de Vitaria était l’un des plus important d’Océanie. Depuis quelques années, l’urbanisation fait disparaitre lentement mais surement le passé de Rurutu.

 

Te Ana A’eo ou la grotte Mitterrand

Les dieux descendent du ciel sur Rurutu par les rayons du soleil qui traversent le matin les trous du plafond de la grotte. Chargée de légendes, cette grotte est la plus visitée par les touristes. Elle serait à l’origine de la pacification de l’île, sous le chef Teauroa, à la fin du 18° siècle.

En 1990, le Président Mitterrand inaugure la mairie de Papeete, puis vient à Rurutu signer une convention avec le maire de l’île pour la réalisation de la route traversière entre Moerai et Avera. Et après que Iareta Moeau, propriétaire du « Rurutu village » et danseur Polynésien renommé lui ait présente un spectacle de chants et danses dans la grotte, Mamie Pare et les anciens lui remettent l’original du code des lois de Rurutu. « Comme nous avons remis notre Tiki A’a aux missionnaires quand nous avons adopté leur dieu, nous vous remettons ce code des lois puisqu’aujourd’hui les lois Françaises sont appliquées ici ».

C’est aussi dans cette grotte que les habitants de Vitaria se réfugient à l’annonce des cyclones. En 1991, la houle générée par « Wasa pénètrera le district de plus de 100 mètres, déracinant la quasi-totalité des « Aïto » du bord de mer.

 

Le bois de fer

Si l’Aïto ou Casuarina equisetifolia, le bois de fer des Polynésiens est planté tout au long des rivages, c’est avant tout comme filtre pour les embruns. En effet, en l’absence de large lagon, la totalité de ces embruns retombent sur l’île. C’est aussi le meilleur combustible pour la « four tahitien » ou le « four à ti ». Et c’est souvent sur ces grosses branches que déposent leur uniques oeuf les Gygis ou sterne blanche. Le petit possède de puissantes griffes qui lui permettent de rester sur sa branche pendant près de deux mois.

 

Na Maia’a ou les pierres jumelles

Ces deux pierres de corail dressées, « tapura’a pito », servaient à sectionner le cordon ombilical des enfants de descendance royale. Le cordon était ensuite enterré dans des cistes, petites surfaces carrées bordées de pierres de corail, visibles autour de certaines constructions. nombre de femmes qui accouchent à Tahiti, ramènent encore dans un flacon un morceau du cordon « le pito » de leur enfant qui sera enterré près de la maison familiale, un lien à la terre très fort, comme dans de nombreuses cultures.

Are Ario’i ou la maison des guerriers

Vitaria serait le dernier district habité de l’île. L’absence de rivière permanente ne permettait pas la culture du taro, aliment de base des Rurutu. Et quand les clans voisins refusaient le troc, c’était la guerre. La maison des guerriers, le Are ario’i, c’était la caserne, là ou on apprenait à faire la guerre. La partie habitation était située dans la partie Sud, tandis que la partie cérémonielle était côté nord. On aperçoit encore la structure du « ahu », là ou étaient remises les offrandes aux dieux.

 

Tuituiaroa, maison ovale

C’est la mieux conservée des structures d’habitations pré européennes de Rurutu. Construites sur une plateforme rectangulaire surélevée de cinquante à soixante centimètres, ces maisons de formes ovales sont bordées de pierres de corail taillées. Trois entrées encore visibles étaient disposées face à la montagne, « on attendait personnes de la mer à cette époque » disent les anciens. La superstructure en végétale descendait au sol côté océan, tandis que côté montagne elle couvrait une cour dallée ou sont encore visibles les pierres levées qui servaient de dossier aux habitants.

Marae Tararoa

Plusieurs structures sont encore en site, les seules de l’île encore respectées. Le marae est abimé mais de nombreuses pierres levées sont encore visibles. On dit que plusieurs rois seraient enterrés là. A côté, le are ari’i, la maison du roi avec son pavage et ses nombreuses pierres levées. Entre les deux, une plateforme de conseil « are patiri », avec ses pierres dossiers dont la pierre du roi nommée « Teari’i Uira », la plus haute. C’est là que les guerres se décidaient. Une ciste est visible sur chacun des sites. On devait y enterrer le cordon des enfants de haute lignée. Tout autour de ces plateformes, il reste encore de nombreux éclats de basalte, vestiges d’ateliers d’herminettes.

 

Fare artisanat

A hauteur du Are ario’i, un petit artisanat propose quelques uns de ses produits. Mais c’est surtout la transmission de ses savoirs qu’une mama tente d’inculquer à des jeunes de l’île. En effet, si l’art du tressage impose des savoir-faire bien particuliers, on parle rarement de la préparation des fibres végétales. Le « niau », est une partie de la feuille centrale du jeune cocotier qu’il faut tremper, décollé pour en faire de très fines bandelettes, cuire puis sécher. Une longue et très rigoureuse préparation. Le bambou, mais aussi les tiges rampantes de certaines cucurbitacées, l’écorce de bananier « fei », le « a’a » fibre végétale qui enserre la tête du cocotier, « ae’o », roseau de montagne et bien d’autres fibres sont utilisées. C’est aussi avec du végétal que l’on créé les magnifiques costumes de danses qui seront colorés avec des produits naturels. Ecorce d’ « aïto », l’arbre de fer, pour le brun brillant, « mati » pilé sur les feuilles du « tou » pour le rouge vif, « rea » ou safran d’Océanie pour les jaunes….

 

Popa’a beach ou le bain des « popa’a »

Popa’a, se sont les étrangers à la peau blanche (de « popa, brûler, ici par le soleil, ou la déformation de peau pâle selon d’autres, le résultat étant le même).

Tout le district de Vitaria est bordé d’un joli lagon qui va en s’élargissant dans sa partie sud. Mais comme partout à Rurutu, le lagon est peu profond et souvent encombré de corail rendant difficile la baignade.

A hauteur de popa’a beach, le lagon est dégagé de patates de corail, le sable est fin, et l’accès est facile. Les week-ends ensoleillés, si vous cherchez un popa’a (santé, éduction nationale ou gendarmerie), ils sont tous là !!!

 

Chevaux au bain

Il n’y a pas que les hommes qui vont se baigner, chiens et chevaux aussi. Pour le dressage, le jeune animal est attacher à une patate de corail, l’eau de mer agissant comme un calmant, puis il sera longuement frotter avec du sable, pour lustrer son pelage. Les chiens aussi sont régulièrement lavés dans l’eau de mer, pour leur enlever les parasites.

 

Randonnée à cheval

Abandonné à la fin du 18° siècle, vierge de cultures faute de rivières permanentes, c’est seulement depuis une dizaine d’années que les Rurutu se réapproprient le district de Vitaria, faisant malheureusement disparaître un grand nombre de vestiges archéologiques, les pierres entrant dans la construction de leur maison.

Il n’y a donc pas de commerces dans ce district. Seules deux pensions de famille, « Chez Ariana », en tout début de district, et « Teautamatea » s’y sont installées. Viriamu, le propriétaire assure la randonnée à cheval sur les hauteurs du plateau Tetanui.

 

Hotu painu

Le « hotu », barringtonia asiatica de son nom scientifiques est un grand arbre pouvant atteindre plus de 20m de haut. Si la fleur est jolie et parfumée, le fruit fut longtemps utilisé pour la pêche. Il contient des saponines, un puissant narcotique. Les amandes écrasées étaient placées dans un panier tressé immergé dans les trous d’eau. Le poisson reste comestible pour l’homme. Si l’amande est toxique pour l’homme, elle était employée dans la pharmacopée locale. Le gros fruit était aussi utilisé comme flotteur pour les filets de pêche. C’est d’ailleurs de sa flottabilité qu’il a pu traverser tout le Pacifique, depuis l’Océan Indien jusqu’en Australie.

D’où l’expression « hotu painu », le fruit du hotu, qui désigne un étranger venu de loin qui a fondé une famille Polynésienne, tel le « hotu » qui après avoir parcouru des milliers de kilomètres sur l’océan a pu germer sur sa terre d’adoption !!!

 

Ana puuru ou la grotte blanche

Une petite crique ferme l’extrémité sud du district. Les enfants jouent à faire flotter les nombreuses pierres ponces qui jonchent la plage à cet endroit. La route bétonnée s’achève ici pour faire place à la piste caillouteuse, difficile à rouler même avec de bons VTT, non seulement en raison d’une pente importante mais à cause des cailloux qui affleurent et du ravinement dès qu’il pleut. C’est une énorme coulée de lave qui a recouvert la falaise corallienne, interdisant l’accès à la mer. A pied on accède, à une plage en contrebas et à une grotte appelée « ana puuru » ou la grotte blanche en raison des magnifiques concrétions que l’on peut trouver au fond, mais l’accès reste difficile, voir dangereux quand la mer est forte. La grotte est assez profonde mais la pente est rude. Elle est divisée en trois salles de plus en plus étroites. C’est le lit de la rivière, qui l’a creusée au cours des siècles. Au sommet de la première salle, des gours. Une fine pellicule remonte sur les bords, par capillarité, et s’évapore plus rapidement qu’au centre, créant de petits réservoirs en cascade. La terre rouge, la latérite, colore les bords des gours au gré des pluies, véritable travail d’artiste.

 

 

 

 

 

 

 

Vitaria, cité des rois

L’ancienne civilisation de Rurutu - La période classique

Si certaines parties sont réservées aux archéologues, les descriptifs et relevés topographiques sont une mine d’informations pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de Rurutu.

Pierre Vérin - ORSTOM

Mémoire de pierre

Mémoire d’homme

« De notre passé, nous ne savons plus rien, mais nous sommes, nous, l’âme de ces pierres, nous sommes ce que tu ne peux comprendre ».

Cette citation résume bien la complexité du travail de l’archéologue.

« Mémoire de pierre, Mémoire d’homme » a été conçu en hommage à l’oeuvre de l’archéologue José Garanger, et dédié à la mémoire océanienne.

Un paragraphe, « l’histoire de A’a de Rurutu et l’évolution des mythes », écrit par Anne Lavondès, tente de percer les origines de cette sculpture conservée aujourd’hui dans un musée de Londres.

L’ancêtre des dieux

 

C’est sur ce marae que le tiki A’a aurait été sculpté

Carte de Avera

Pierre Vérin et Robert Bolt, archéologues

La grotte comme abri anticyclonique

Gygis

 

Bébé sterne blanche

perché sur sa branche

CEPIA

 

Si certaines font des efforts pour transmettre leurs savoir-faire, ces « CEPIA », Convention Pour l’Insertion par l’Activité, rémunérées par le Territoire, ont surtout une fonction sociale et même parfois politique.

Char fleuri

Un défilé de chars ouvre chaque année les festivités du Heiva. Pas de fleurs pour l’association de Vitaria mais du pandanus pour montrer son savoir-faire.

Pêche lagonaire

Et tandis que les « popa’a » vont se baigner, les Rurutu cueillent tout ce qui se mange dans le lagon : oursins, pieuvres, bénitiers, holothuries, limaces de mer, escargots de mer… tout est comestible et quel délice que ces produits tout frais souvent consommés immédiatement juste additionné de citron. on savoir-faire.

Limace de mer

Pas très appétissante au premier abord, cette limace de mer qui crache de l’encre comme une pieuvre pour se camoufler, est délicieuse quand on sait la préparer.

Pêche toxique

Narcotique puissant, le fruit du hotu servait à la pêche

Grotte blanche

Sans un guide difficile de trouver l’entrée de cette belle grotte située à flanc de falaise, lit d’une rivière.

Popa’a beach

Un joli bain

Dressage et lavage des chevaux

Rando équestre

 

Amateurs de chevaux et de belles ballades, à conseiller fortement

Cascade de calcite

Semblables à des glaciers d’une blancheur immaculée, le calcaire déposé par des siècles de ruissellement !!!

Fistuleuses

Excentriques

Les concrétions, telles ces fistuleuses et excentriques, sont d’une fragilité extrême. N’y touchez pas !!!