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Naairoa, le makatea

Toataratara

« Toa », cest l’ « aïto » des Tahitiens, le bois de fer, très dur comme son nom l’indique. « Tara », découpé, dentelé et donc « taratara » très découpé. La roche est très dure et très découpée, « toataratara ».

Poreopi

Il serait la plus vieille construction de l’île.

Lapiaz

Les laves du volcan de Naairoa ont recouverts les falaises calcaires, transformées en karst. La pluie et les embruns ont ensuite sculptées ces falaises.

Coulées de laves

On aperçoit, en marron clair, le reste des laves qui ont finies leur course dans le lagon.

Puatea

Cet arbre au tronc énorme abrite souvent des Kaveo, crabes de cocotiers. Les racines seraient toxiques, et il faut nourrir le crabe un mois au coco our qu’il perde sa toxici -té.

Lapiaz

Naairoa, c‛est le plus petit district, limité par la caldera de son volcan, le plus jeune de l‛île, et par le Makatea de Paparai. A hauteur de la borne qui marque le début du district, côté montagne, des paysages d‛apocalypse.

Le lapiaz, est une formation géologique de surface dans les roches calcaires créée par le ruissellement des eaux de pluie qui dissolvent la roche. Ce type de sol, déchiqueté, aux aspérités coupantes lorsqu'il s'agit de calcaire dur, est sillonné de nombreuses rigoles, fissures et crevasses de taille variable, dont certaines peuvent atteindre plusieurs mètres. La roche est également souvent perforée, donnant à voir en surface les mécanismes karstiques qui président ailleurs au creusement des grottes, avens et autres cavités naturelles.

 

 

Toataratara

Cette magnifique petite plage est l‛une des plus belles de l‛île. Trainé par la plaque Pacifique vers le Nord ouest, le volcan Rurutu se tarit lentement. Il finira par s‛effondrer, formant une immense « caldera » au sud de l‛île.

Les laves continueront de s‛épancher à travers le lagon. On retrouve encore ces projections hydromagmatiques sur les hauteurs de la caldera.

En s‛effondrant côté océan, le volcan poussera la falaise corallienne dans le lagon. Ces rochers sont encore visibles aujourd‛hui et servent de plongeoir aux enfants de l‛île.

Après la borne de district, un petit pont et l‛océan sur la droite. Quelques maisons dans le fond de cette vallée née de l‛effondrement du volcan. Non pas des maisons d‛habitation permanent mais « des résidences secondaires ». Le but est d‛occupé le lieu pour monter que l‛on est propriétaire. En longeant la dernière maison côté océan, un petit chemin mène à la plage Toataratara.

Plusieurs grands arbres, des « puatea » ou pisonia grandis de leur nom scientifique. Longtemps on a consommé ses feuilles comme épinards, ou pour nourrir le bétail. L‛écorce est adoucissante et utilisée dans les remèdes contre les abcès. Ses énormes racines rampent sur le sol et ses fruits sont si collants qu‛il arrive parfois que l‛on trouve des oiseaux morts à son pied. Et son bois est si tendre qu‛il était utilisé dans la confection des radeaux. Le « tai‛nu » du bord de mer est toujours colonisé par les chenilles qui se délectent de ses feuilles charnues. On le nomme l‛arbre aux papillons, peut-être celui de La légende de Taimana.

 

 

Poreopi

Enfin un rond-point, le seul signalé de l‛île. Tout droit c‛est un cul-de-sac qui mène à l‛extrémité du district et au début du Makatea de Paparai, cette falaise verticale qui limite de façon hermétique le district de Paparai, lui interdisant tout contact avec l‛océan.

La piste, dans sa première partie, longe les contreforts de ce Makatea.

Sur la droite, quelques pierres levées, vestige d‛un marae. Selon les Rurutu, il serait le plus ancien de l‛île, mais la tradition orale a conservée bien peu de choses sur ces pierres. Selon Mamie Pare dans son ouvrage « Rurutu mémoires d‛avenir d‛une île Australe », c‛est Iroitepumanatu, un dieu supérieur qui aurait construit ce marae, premier temple des dieux de Rurutu.

Malheureusement, il y a quelques années, de nombreuses pierres ont été utilisées par un habitant pour la construction de son séchoir à coprah.

Côté océan, une longue et belle plage de sable blanc. La pêche à pieds est très pratiquée dans ce petit district. L‛absence de rivières permanentes obligeait les habitants à se tourner plutôt vers l‛océan que vers la terre.

Parcs à cochons, vaches maigrelettes et chevaux entretiennent cette minuscule plaine côtière, coincée entre falaise verticale et océan. Une plaine face aux vents de sud-est, les vents dominants, qui ont de leurs embruns, sculptés la crête des falaises.

Tout au long de ce district, observez cette crête découpée à l‛extrême, aux formes semblables aux gargouilles de nos cathédrales.

 

 

Paysages naturels

L‛arrière de cette falaise offre des paysages d‛un naturel qu‛il est bien difficile de reproduire avec des photos. Il y a quelques années, un prof d‛université me disait qu‛il apprenait à ses étudiants qu‛il n‛existe quasiment plus de reliefs ou l‛homme n‛a pas, d‛une manière ou d‛une

autre mis sa touche. Et ce Makatea de Paparai serait une exception !!!

 

 

Un lagon poissonneux

Le petit lagon situé à l‛arrière du Makatea de Paparai est tout aussi poissonneux. En période de reproduction, les oursins notamment y pullulent. S‛il peut être consommé immédiatement avec du citron, pour stocker, il faut impérativement le chauffer. Un petit feu en bord de plage, une tôle ou un grillage suffisent. Placer les oursins sur la tôle, dès que l‛eau qu‛ils contiennent commence à frémir, les retirer de la tôle. Il faut ensuite les ouvrir avec un couteau, les laver dans l‛eau de mer pour enlever le jus et les débris de coquilles et de sable, puis avec une cuillère, récupérer les bandes marrons claires qui tapissent les bords. Mis dans un bocal, vous pouvez les conserver et même les congeler. Si vous ne les chauffer pas, ils vont très rapidement se liquéfier et il ne vous restera rien à manger à l‛arrivée.

Il y a quelques années, la conjonction d‛une mer très basse et totalement plate et de fortes chaleurs prolongées n‛avaient pas permis le renouvellement de l‛eau du lagon pendant près d‛une semaine. Tout ce qui vivait là est mort, entraînant une puanteur insupportable dans certaines zones de l‛île. Cette situation a surtout permis de découvrir des espèces de mollusques, holothuries et autres poissons inconnues jusque là.

 

 

Projections hydromagmatiques

Après avoir explorer la plaine de Naairoa, entre falaise et océan, retour au rond-point, pour cette fois remonter plein nord, pour sortir de cette caldera. En bord de piste, sur la droite, dans la végétation, on peu voit les couches stratifiées des projections hydromagamatiques. On retrouve ces mêmes projections en ligne de crête, recouvrant l‛ancienne falaise corallienne, ce qui montre bien que l‛éruption a eut lieu après le soulèvement de l‛île.

Lorsque le magma est brutalement refroidi par l‛eau, il forme un verre volcanique fragilisé par le choc thermique (phénomène de trempe). L‛éruption projette alors généralement de fines cendres et beaucoup de vapeur d‛eau. Ainsi, dans l‛air, en présence de la vapeur d‛eau, les cendres s‛agglomèrent et forment des lapilli accrétionnés qui tombent en gouttes.

 

 

Caféraie

Tout au long de la piste qui grimpe au col, des plantations, surtout du bananier dans cette artie. Sur la gauche, un petit chemin à hauteur d‛un manguier isolé, des forages ont été réalisés il y a longtemps au pied d‛un petit aplomb rocheux, à la recherche du manganèse. En ligne de crête les projections hydromagmatiques ont recouvert l‛ancienne falaise corallienne qui affleure le sol.

Au col, sur la gauche, une plantation de pandanus suivie d‛une belle plantation de café, à l‛ombre des grands falcatas. Du pur arabica, doux mais parfumé et surtout totalement bio. Taillée à hauteur d‛homme pour la récolte, elle est bien entretenue. Personne n‛a les moyens de mettre de l‛engrais sur de telles superficies. Mais des 150 à 200 tonnes récoltées jusqu‛aux années 1960, on a du mal aujourd‛hui a en récolter deux tonnes. L‛arabica est traité par voie humide.

Après avoir ôté la pulpe de la cerise rouge, il faut tremper le grain dans l‛eau pour en décoller les impuretés, puis le laver à grande eau, pour qu‛il « crisse » sous les doigts.

 

 

Protection de l‛environnement

Cet arbre est endémique de l‛Archipel des Australes. On ne le trouve qu‛à Raivavae, Tubuai et Rurutu. Il peut-être confondu avec le falcata. Mais la terminaison des branches est verte pour le falcata et marron pour le serianthes. Plusieurs de ces arbres sont visibles sur la droite dans la montée. Il est classé espèce menacée dans la liste rouge mondiale de l'UICN (2008).

 

Grâce à la Liste rouge de l‛UICN, on sait aujourd‛hui qu‛une espèce d‛amphibien sur trois, plus d‛un oiseau sur huit, plus d‛un mammifère sur cinq et plus d‛une espèce de conifère sur quatre sont menacés d‛extinction mondiale. La Liste rouge de l‛UICN est retenue par la Convention sur la diversité biologique comme un indicateur privilégié pour suivre l‛état de la biodiversité dans le monde.

Le système mis au point pour l‛établissement de la Liste rouge est le résultat d‛un vaste processus de concertation, d‛élaboration et de validation de plusieurs années, mené par les experts de la Commission de sauvegarde des espèces de l‛UICN.

 

Avec le système de la Liste rouge de l‛UICN, chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l‛une des neuf catégories suivantes : Eteinte (EX), Eteinte à l‛état sauvage (EW), En danger critique d‛extinction (CR), En danger (EN), Vulnérable (VU), Quasi menacée (NT), Préoccupation mineure (LC), Données insuffisantes (DD), Non évaluée (NE).

 

La classification d‛une espèce ou d‛une sous-espèce dans l‛une des trois catégories d‛espèces menacées d‛extinction (CR, EN ou VU) s‛effectue par le biais d‛une série de cinq critères quantitatifs qui forment le coeur du système.

 

Ces critères sont basés sur différents facteurs biologiques associés au risque d‛extinction :

taux de déclin, population totale, zone d‛occurrence, zone d‛occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.

Et s‛il reste des lambeaux de la forêt primaire, comme les nomment les botanistes, ils sont menacés par des espèces végétales introduites par l‛homme. Ces plantes forment des couverts très denses qui étouffent la végétation naturelle et éliminent les plantes indigènes et endémiques. Elles peuvent également causer des changements de l‛environnement (diminution de la ressource en eau, de la lumière et des éléments minéraux dans le sol, augmentation de l‛érosion).

 

Abri Mu

Pierre Vérin et Robert Bolt, archéologues.

Plongeoir

 

Ces plongeoirs improvisées sont réservés aux connaisseurs, la roche est si découpée

qu’ils peuvent être dangereux pour le premier venu.

Plage de Naairoa

 

Et comme d’habitude à 
Rurutu, si le bain est difficile en raison du peu de profondeur du lagon, les plages de sable blancs sont omniprésentes.

Rond-point

C’est le seul carrefour de pistes signalé de l’île. Merci aux jeunes des M.F.R

Courlis d’Alaska

Il nous vient d’Alaska d’ octobre à mars avril. Espèce protégé inscrite « vulnérable sur la liste rouge de l’UICN.

Te ana piti

Tout au long de la falaise, de nombreuses grottes, creusées par  l’eau et sculptées par les embruns dominent le lagon.

Projections hydromagmatiques

Ces blocs stratifiés qui jonchent les collines avoisinantes sont caractéristiques de ces projections.

Arabica

Partout des plantations mais seulement deux tonnes de cerises récoltées !!!

Serianthes rurutensis

Espèce menacée inscrite sur la liste rouge des plantes protégées.

Pouteria grayana

Encore une espèce gravement menacée d’extinction inscritesur la liste rouge de l’UICN

Tafano

Guettarda speciosa de son nom scientifique, était utilisé autrefois pour la réalisation de pirogues, de mâts, et autres récipients. Il pousse sur tous les supports calcaires. Des essais de production d’ huiles essentielles sont en cours avec sa fleur au parfum proche du tiare.

Pommier rose

Si le fruit de cet arbre, une grosse prune jaune, est excellent, le « ahia popa’a » est une des espèces locales menaçant la bio-diversité.

Poisson lion

Pterois volitans de son nom scientifique, c’est le plus grand de cette espèce, ressemble à Un coq de combat. La piqure des épines dorsales est redoutable!

Falcata

Ce grand arbre a été introduit pour restaurer les sols érodés et fixer les talus. Aux Australes il a servi d’arbre d’ombr age aux plantations de café. Il est aujour-d’hui classé espèce menaçant la biodiversité !