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en 2010 par le
Petit Futé
Auti
C’est le plus petit village de l’île. Et comme partout ailleurs, il a tendance à se mourir. La population se regroupe autour de la mairie, les écoles, le centre médical, les administrations et services.
Ses écoles ont déjà été fermées, regroupées à Moerai. Seul le temple, l’église Protestante reste le seul ciment social de cette population trop souvent désoeuvrée.
Le maire à fait aussi élargir la petite passe du village pour permettre aux pêcheurs, suite à leurs doléances, d’accéder plus facilement à la pêche. Mais les quelques pirogues ne sortent pourtant pas souvent. Il est vrai aussi qu’orienté à la houle dominante, il est souvent difficile de sortir de cette minuscule passe.
Passe Avatui
La passe naît de la rivière. L’eau est plus fraîche et moins salée, empêchant au corail de se former à cet endroit. Mais trop souvent, l’homme intervient sans réfléchir.
Déjà ici, la tarodière consommant beaucoup d’eau, le débit de la rivière est nettement réduit.
Les routes du village ont été bétonnées, mais les fossés ont été supprimés et le lit de la rivière bétonnée et déplacée. Quand il pleut, chaque quartier encadré de rues bétonnées et surélevées, se remplit comme une piscine.
Pendant des années, la France payait sans demander de comptes. Des chantiers en régie communale, qui, s’ils permettent en toute logique de n’employer que des locaux, ne nécessitent pas la venue de techniciens et ingénieurs, entraînant des malfaçons, faute de compétences, qui coûtent chers aujourd’hui.
Pêcheurs de baleines
C’est par la passe Avatui que les habitants ont sorti de l’île la dernière baleine pêchée au harpon. Certains se souviennent encore que découpée dans la passe, ils n’ont pu manger qu’une partie de cette énorme masse. Il a fallu plusieurs mois pour que les reste se décompose là, empestant le village qu’il fallait parfois fuir tant l’odeur était nauséabonde
Mémoires d’avenir d’une île Australe
On ne peut que s’en vanter tant ils sont encore rares en Polynésie, Rurutu à son écrivain. Mamie Pare, Taaria Walker aura 80 ans cette année, mais elle est toujours aussi dynamique, militant dans toutes les associations, religieuses et autres.
Dans son petit village, quand on a plus d’argent pour payer le pain, par exemple, on lui remet un chapeau qu’elle doit payer immédiatement en liquide, argent qui servira a payer le pain de la semaine de cette famille démunie.
C’est avec tendresse et humour que Taaria Walker née Teinaore à Rurutu, sage-
Le tiare porea
Ana Tata’ura, grotte de la falaise de Naairoa, a vu naître Apa’ura (talisman rouge),
et l’a abritée jusqu’à son mariage avec l’illustre demi-
Comme cadeau de mariage, il décide d’aller voler la fleur « apetahi » du Temehani, qui ne pousse qu’à Raiatea. Pour la rapporter, il l’enveloppe dans une feuille de gingembre, « rea » en Rurutu. Apa’ura nomme sa fleur « tiare porea », en raison du parfum que lui a donné le gingembre.
Cette légende nous est contée par mamie Pare.
Mouches pisseuses
La borne de district se trouve au col, à la sortie de la vallée de Paparai. Quelques centaines de mètres plus loin, on retrouve la route bétonnée, signalant le village proche.
Dans la descente, on aperçoit l’océan et le village. En bord de route, une petite plantation d’ananas. Ne là cherchez pas hors saison, elle est noyée sous la végétation !!! Vers août – septembre, tout ou partie sera nettoyée pour la production qui débute en décembre.
Un peu plus bas, un grand Kapokier. Il produit de gros fruits allongés tels des saucisses qui passeront du gris au vert avant d’éclater, projetant du coton très soyeux au quatre vents.
Il a longtemps servi à la confection des matelas, coussins et oreillers.
Dans le virage de l’entrée du village, de très grands « albizia saman », « marumaru » de son nom local. Un arbre produisant un bon bois exploitable en ébénisterie. En Afrique, toujours associé à une cicadelle ou mouche pisseuse, on l’appelle arbre de pluie !!!
Il y a quelques années, le Territoire était infesté d’une « mouche pisseuse », une cicadelle de Californie. Cet insecte se nourrit de la sève des arbres la rejetant ensuite. L’introduction d’une micro guêpe a permis de régulariser sa présence. Vers novembre, au sortir de l’hiver, on note une recrudescence de ces cicadelles. Il faut attendre les premières chaleurs que pour les micro guêpes régularisent la situation.
Four à chaux
Rurutu reste une des rares îles de Polynésie Française ou chaque village à son four à chaux collectif, bien de tous les habitants.
Une technique très certainement introduite ici par les missionnaires Anglais, toutes les constructions pré européennes étaient faites de végétal.
Après avoir creusé un trou de trois mètres de profondeur, celui-
Il sera disposé ensuite quelques rangées de troncs de cocotier, qui donnera l’humidité nécessaire à la réalisation de l’étuve.
Le tout doit être très serré, les températures dégagées très élevées.
L’ensemble sera ensuite recouvert de blocs de coraux, ces coraux fossiles arrachés
par les houles. Et encore faut-
Une ouverture face au Sud-
En quelques heures le vent attisera les flammes qui s’étaleront. Puis l’ouverture sera fermée de manière étanche. Pendant une semaine, il faudra relever les blocs à mesure que le bois brule et que la construction s’affaisse.
Enfin on laisse le temps faire son oeuvre. La chaux vive issue du calcaire chauffé continuera de décomposer l’ensemble. Puis fin novembre, début décembre, les pluies tropicales éteindront l’ensemble. Encore quelques mois et après avoir dégagé une ouverture, chacun viendra avec son seau et sa pelle récolté la quantité dont il a besoin. Il suffira d’ajouter un peu d’eau pour passer tout le village à la chaux !!!
Chaux de corail
Il y a encore quelques années, les maisons étaient entièrement construites en chaux de corail. La chaux était mélangée au sable de la plage pour en faire du ciment, tandis que les petits blocs de coraux servaient de parpaings.
Comme la chaux se comporte comme de l’éponge, dès qu’il pleuvait, les murs suintaient de partout. C’est pour cette raison que toutes les constructions avaient une petite cave, un vide sanitaire. Dès le premier rayon de soleil portes et fenêtres étaient ouvertes, permettant aux constructions de séchées rapidement.
De la construction du temple
Si la plupart des habitants de ce petit village rural vivent surtout de l’autosuffisance, se ravitaillant dans l’océan ou dans leur jardin d’Eden, l’artisanat reste un moyen de gagner un peu d’argent.
Mais c’est autour de l’église protestante que l’on a l’habitude de se réunir pour travailler. Et la construction du nouveau temple leur en donne l’occasion.
Au mois de mai, « le Me » des Protestants, la population donne entre 12 et 14 millions à leur église, argent destiné aux salaires des pasteurs et autres cadres.
Mais la totalité des constructions religieuses leur appartiennent. A leur charge de financer la totalité de la construction. Ils doivent acheter les matériaux, travaillés gratuitement à la construction pour les hommes, les femmes assurant le couvert.
Et le pasteur, payé par l’argent du « Me » est nourrit, logé, et son véhicule est offert par la population.
Artisanat
La rue principale du village est parallèle à l’océan. Attention, pas de panneaux indicateurs, à droite c’et un cul de sac, il faut prendre à gauche, passé la petite mairie annexe et sa cabine téléphonique. Au passage, on aperçoit les pierres du « Tere » que les plus forts devront lever en janvier.
Après la mairie annexe, un petit artisanat. C’est plus un lieu de travail collectif qu’un lieu d’exposition. On offre le terrain pour la construction de l’artisanat financé par la Coimmune, le Territoire et même l’Etat parfois, puis on le squatte, gardant généralement une terrasse pour montrer quand même que c’est le bien d’une association !!!
Maisons de famille
Quand les parents décédaient, c’est l’aîné qui héritait de la « maison de famille », mais à charge de tous les enfants de l’entretenir. Aujourd’hui, beaucoup n’acceptent plus de payer pour une maison dans laquelle ils n’habiteront jamais. Bilan, de plus en plus de ces jolies maisons de chaux de corail tombent en ruines. Et il faudrait l’accord de tous pour la détruire, la terre étant propriété collective du clan.
Erythrine
A la sortie du village, un « poste de secours ». Consultations une fois par semaine.
Dans la montée, de grands arbres, c’est l’érythrine. Il héberge des papillons piqueurs de fruits qui se nourrissent de ses feuilles. Le papillon est muni d’une longue trompe rigide avec laquelle il transperce la peau des fruits pour en aspirer le jus. Des champignons microscopiques s’y installent provoquant la pourriture prématurée du fruit.
Rivières
Petites, très pentues, nos îles hautes sont réputées sèches car l’eau s’évacue rapidement à l’océan. Et depuis quelques années, toutes les embouchures des rivières principales sont bétonnées, accélérant l’écoulement de l’eau vers l’océan et asséchant un peu plus l’île.
Mamie Pare
Edité en 1999 aux éditions « Haere Po », Rurutu, mémoires d’avenir d’une île Australe vous permettra de mieux comprendre la vie des Rurutu.
Pare à reçu le prix spécial du jury du 1° salon du livre insulaire à Ouessant en août 1999.
Ananas
Rurutu produit d’excellents ananas, peut-
Un fruit qui demande des pentes bien exposées au soleil.
Des aïtos
Il en faut une grande quantité, 5 à 6 mètres d’épaisseur pour que la chaleur dégagée soit suffisante.
Du corail
On recouvrira ensuite l’ensemble de corail fossile prélevé sur certaines plages.
Du feu
Puis pendant l’hiver Austral, la saison sèche et ventée, on allumera le feu qui peut durer plusieurs mois.
Architecture
Ces maisons en chaux de corail disparaissent peu à peu, remplacées par le parpaing. C’est surtout cette architecture, escalier et cave, et les extensions au gré du mariage des enfants qui faisait leur charme.
Pupu
Des groupes de travail ou « pupu » sont mis en place pour la confection de nattes, souvent commandées par d’autres paroisses de Tahiti. Ces ventes aident à la collecte des fonds nécessaires à l’entretien et à la construction des bâtiments religieux.
Maisons de famille
Construites sur des terres collectives, il est difficile de les détruire, il faudrait l’accord de tous et redistribuer la terre.
Trucks
Pour des raisons de sécurité, ont remplace peu à peu ces trucks par des bus dans toute la Polynésie. Le village d’Auti possède les derniers trucks de l’île, trucks vieillissants mais qui permettent aux élèves de venir à l’école chaque jour.
Baleineau
Il suffisait de harponner le baleineau pour que la mère vienne l’enserrer de sa grande nageoire, facile à piquer dans cette position.
Tiare porea
Les deniers arbustes auraient totalement disparu en 1969, après le cyclone « Emma ». La seule partie de la falaise Toarepe ou elle poussait s’est effondrée. Des botanistes ont vainement tenté de retrouver d’éventuels pieds dans les pentes côté océan. Un dessin réalisé par Mamie Pare
Kapokier
Quand il disperse son coton, on croirait le sol recouvert d’une pellicule de neige !!!
Visite des maisons
Deux fois par an, pour le 1° janvier et les fêtes religieuses protestantes du « Me », les Rurutu repeignent l’intégralité de leurs trois villages, depuis les murets jusqu’aux maisons et aux temples.
Temple
L’ancien temple construit en chaux de corail aura résisté plus d’un siècle.
Temple api
Le nouveau temple se dresse sur l’emplacement de l’ancien. Si l’échaffaudage est réalisé avec des troncs des pins des Caraïbes, les reste de la construction doit être au norme de l’urbanisme, comme tout bâtiment recevant du public .
Aigrette sacrée
Les aigrettes fréquentent aussi bien les bords de mer que l’intérieur des terres. Elles peuvent être blanches ou grises. Elles se nourrissent de poissons et crustacés mais aussi de lézards et insectes
Arbre aux baleines
Pendant l’hiver austral, l’ « atae » ou érythrine perd ses feuilles, se couvrant
de fleurs rouges-